La première fois que j'ai rentontré Hom Nguyen c'était lors d'une de ses expositions à Hong Kong en Mai 2018.
On m’avait déjà parlé de lui, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de le rencontrer. Il ne devait y avoir pas plus de 10 tableaux dans cette petite galerie de Soho à Central.
Ses œuvres font appel à l’émotion, c’est souvent des visages d’enfants qu’il dépeint. J’aime l’émotion qui s’en dégage, le trait vif, et toujours le regard.
Il insiste sur ce regard, profond, intense, et je m’imagine le message qu’il en ressort : ce sont parfois des regards qui demandent à rêver, d’autres rieurs et joueurs, certains qui cachent des souffrances, d’autres des secrets, souvent, j’y vois de l’amour avec des regards qui demandent à aimer ou être aimé…
L’exposition me touche, les mots échangés avec le peintre et surtout l'humain me surprennent.
C’est un Franco-Vietnamien, comme moi, mais il ne connaît pas bien le Vietnam, il ne le parle pas et paradoxalement puise son inspiration dans ses racines asiatiques, son héritage.
Il est autodidacte, n’a jamais été validé par les écoles ou des formations artistiques. Il s’est juste lancé comme ça, en commençant à patiner sur des chaussures en cuir, lorsqu’il travaillait dans des magasins parisiens en tant que vendeur. Puis, il s’est formé au Japon pour tatouer le cuir, et c’est au décès de sa maman, qu’il se lance sur les toiles.
Il était vendeur de chaussures dans les quartiers élitistes de Paris, fils d’une maman paraplégique et orphelin de son papa à sa naissance. Et je me retrouvais face à un homme qui aimait la vie, sa liberté de s’exprimer sur les toiles.
Un homme authentique, accessible, drôle, qui se surprenait lui-même de son succès.
Un homme toujours autant animé par cette soif de vivre et l’œil curieux de ses rencontres, de ses voyages et de sa nouvelle vie d’artiste en gardant les pieds sur terre.
Je l’ai revu à Bangkok quelques mois après pour une autre exposition. J’ai sauté sur l’occasion pour l’interviewer.
Dans la vidéo, Hom se confie sur son inspiration artistique, ses voyages, sa manière de peindre et donnent des conseils à la jeune génération…
Ma rencontre impromptue avec l’artiste m’a bouleversé et je m’interrogeais :
Est-ce que c’est en répondant à l’appel de son cœur, à rencontrer ses talents jusque-là ignorés, qu’on devient libre ?





Qu'en pensez-vous ?
Afficher les commentaires / Laisser un commentaire