Article par Guillaume Marchal.
Découvrir l’évolution du Vietnam, de l’après-guerre à aujourd’hui, par le prisme du cinéma. C’est la promesse de la semaine « Vietnam Cinéma, Itinéraire de lumière », qui présente 17 œuvres vietnamiennes projetées au Grand Rex, à Paris, du 5 au 12 décembre. Un événement pensé comme un pont culturel avec la diaspora et un accélérateur des coopérations franco-vietnamiennes.
Une première pour le cinéma vietnamien en France. Le Grand Rex de Paris projettera du 5 au 12 décembre 17 œuvres cinématographiques vietnamiennes. La semaine « Vietnam Cinéma, Itinéraire de lumière » invite le grand public à plonger au cœur des grandes étapes du développement du pays. Cinquante ans de cinéma retracent l’après-guerre, les grandes réformes économiques et les mutations contemporaines. Le festival s’inscrit dans le cadre d’un programme culturel plus large porté par AVSE Global, « Vietnam, La Symphonie de l’Amour ». Il est coorganisé par l’Association vietnamienne de promotion et de développement du cinéma (VFDA) et AVSE Global, sous le haut patronage de l’ambassade du Vietnam en France.
« Nous voulons montrer un Vietnam dynamique, humaniste et inspirant. Passé et présent s’entrelacent pour construire un avenir prospère et durable. Le cinéma, c’est un langage de créativité. Notre ambition est de porter le cinéma vietnamien dans de nombreux autres pays et de renforcer le réseau mondial des coopérations culturelles », souligne le professeur Nguyen Duc Khuong, président d’AVSE Global. L’événement vise à approfondir les échanges autour du développement du cinéma vietnamien, tout en renforçant les liens professionnels franco-vietnamiens.
Croissance du cinéma vietnamien
Selon Ngô Phương Lan, présidente de la VFDA, l’industrie du cinéma vietnamien connaît une croissance annuelle de 10 à 20 %. Il y a dix ans, les films américains représentaient environ 60 % des sorties en salles au Vietnam, contre 30 % pour les productions nationales. La tendance se serait inversée depuis, avec une part désormais comprise entre 45 % et 60 % pour les films vietnamiens, selon les chiffres avancés lors de la conférence de presse de lancement.
Le cinéma vietnamien au féminin n’est pas en reste. Sur les 17 films projetés, quatre sont réalisés par des femmes, dont trois longs métrages et un court métrage, précise Ngô Phương Lan. « Il y a deux ou trois ans, il y avait encore très peu de femmes réalisatrices. Aujourd’hui, on constate qu’il y en a de plus en plus », explique-t-elle, y voyant le signe d’une montée en puissance progressive des cinéastes vietnamiennes.
Crédit : Don’t cry butterfly
Un « pont » pour la diaspora
Pour la diaspora vietnamienne, l’enjeu dépasse la seule programmation. « Ça nous fait plaisir, dans la communauté vietnamienne diasporique, d’avoir ce genre de festival pour créer le pont entre le Vietnam et la France », souligne Linda Nguon, fondatrice du média Banh Mi, lors de la conférence de lancement.
Au-delà des projections, l’événement se veut un lieu de rencontres, où circulent récits, trajectoires et regards entre celles et ceux qui vivent au Vietnam et les Vietnamiens établis en France. La question de la diaspora, de plus en plus présente derrière la caméra, s’invite d’ailleurs au cœur des échanges : comment permettre aux réalisateurs et réalisatrices d’origine vietnamienne installés en France de travailler avec le Vietnam et, inversement, comment les cinéastes du pays peuvent-ils coproduire avec ces talents basés en Europe.
Dans ce cadre, Paris apparaît comme une première étape, un point d’ancrage où se construit concrètement ce « pont » culturel entre Vietnam, diaspora et public français.


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